Lors de son intervention de novembre sur le plateau de BFM Business, dans l’émission Tout pour investir, Rochevelle Gestion Privée a souhaité attirer l’attention sur un paradoxe caractéristique des phases de marché euphoriques. Lorsque la majorité des classes d’actifs progressent simultanément — actions, crédit, or — à l’exception notable du dollar et des obligations souveraines, la tentation est forte de rechercher le prochain « bon placement ». C’est pourtant précisément dans ces phases d’optimisme généralisé que la prise de recul devient essentielle.
Le contexte de marché se distingue aujourd’hui par trois caractéristiques majeures : des niveaux de valorisation élevés, une concentration croissante des performances et une dépendance marquée à une thématique dominante, en l’occurrence l’intelligence artificielle. Cette configuration, si elle peut soutenir les marchés à court terme, réduit mécaniquement les marges d’erreur et accroît la vulnérabilité des portefeuilles insuffisamment diversifiés. Dans un tel environnement, la diversification ne constitue plus une option, mais une nécessité structurelle.
La question clé pour l’investisseur n’est donc pas de savoir où investir, ni d’identifier l’actif susceptible de surperformer à court terme. Elle consiste à déterminer comment construire un portefeuille capable de traverser des environnements économiques variés, parfois contradictoires, sans dépendre d’un scénario unique. Cette approche suppose de dépasser la logique du placement isolé pour s’inscrire dans une réflexion globale sur l’architecture du patrimoine.
La finance académique apporte à cet égard des enseignements clairs et largement documentés. Les travaux de Brinson, Hood et Beebower, qui font aujourd’hui référence, démontrent que plus de 90 % de la performance à long terme d’un portefeuille provient de son allocation d’actifs, c’est-à-dire de la manière dont le capital est réparti entre les grandes classes d’actifs. À l’inverse, la sélection individuelle de titres et le market timing ne contribuent que marginalement à la performance globale. Cette réalité rappelle que la structure du portefeuille prime largement sur les décisions tactiques de court terme.
C’est sur ce constat que Ray Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, a développé l’approche dite « All Weather ». L’objectif de cette architecture n’est pas de rechercher la performance maximale dans un scénario donné, mais de concevoir un portefeuille robuste, capable de résister et de s’adapter à l’ensemble des régimes macroéconomiques. En équilibrant intelligemment les sources de risque et de rendement, cette approche vise une performance régulière et durable, indépendamment des cycles économiques ou financiers.
Cette philosophie constitue l’un des piliers de l’approche de Rochevelle Gestion Privée. Les allocations sont conçues de manière multi-actifs et sur mesure, avec pour objectif de s’inscrire dans le temps long et de répondre aux contraintes spécifiques de chaque situation patrimoniale. Dans un environnement financier marqué par des marchés chers, concentrés et fortement dépendants d’un nombre restreint de moteurs de performance, la qualité de la construction du portefeuille demeure le principal facteur de résilience et de création de valeur.
L’équipe Rochevelle Gestion Privée