Quand le marché obligataire s’affole, l’essentiel se joue peut-être ailleurs
Alors que les actions se maintiennent proches de leurs records, le marché obligataire envoie en cette rentrée un véritable signal d’alarme. Ce décalage de perception constitue un risque qu’il serait imprudent de sous-estimer.
Lors de mon intervention récente sur BFM Business, j’ai rappelé pourquoi le refuge historique ne joue plus son rôle. Les obligations d’État, longtemps considérées comme la valeur refuge par excellence, n’assurent plus cette fonction, et les chiffres sont sans appel :
- le 30 ans américain a dépassé 5,3 %, un niveau inédit depuis 2007,
- le Bund franchit les 3 %, retrouvant des seuils proches de ceux de 2011,
- même le 30 ans japonais passe la barre des 4 % pour la première fois de son histoire.
Cette dynamique répond à plusieurs réalités structurelles. L’endettement mondial a explosé sous l’effet du Covid, des crises géopolitiques, de la fracturation de la mondialisation et des politiques de relance couteuse. Dans le même temps, les banques centrales, principales acheteuses pendant plus de dix ans, se retirent.
Le refuge aurait alors changé de camp
C’est dans ce contexte que l’or reprend tout son sens :
- une progression de 17 % en un mois, au-dessus de 4 675 dollars au 24 août,
- un refuge face à l’érosion des monnaies, quand les taux sont maintenus bas de force,
- un actif qui n’est la dette de personne, contrairement à une obligation d’État,
- un moteur structurel, avec des banques centrales qui en achètent massivement, au point que leur stock d’or dépasse désormais celui de dette américaine, une première depuis 1996.
Chez Rochevelle Gestion Privée, nous en tirons des conséquences pour les allocations de nos clients. Le modèle classique dit du « 60/40 » est à bout de souffle : il devient nécessaire de décorréler les portefeuilles autrement. L’obligataire conserve un rôle mais ne suffit plus. Prêter à plus de 4 % ne s’était plus vu depuis quinze ans, mais il impose la prudence sur la duration et la sélectivité sur les émetteurs. Quant à l’or, il constitue une poche structurelle de diversification, intégrée dès le mois de juin dans nos portefeuilles modèles.
Retour sur l’intervention de Rochevelle, dans Le placement à suivre – BFM Business 27.08.2026 – via ce lien